Lumni utilise votre adresse email afin de vous adresser des newsletters. Les sociétés démocratiques ne viennent pas à bout de l’inégalité, mais elles introduisent la mobilité sociale : «il y a encore une classe de valets et une classe de maîtres ; mais ce ne sont pas toujours les mêmes individus, ni les mêmes familles qui les composent ; et il n’y a pas plus de perpétuité dans le commandement que dans l’obéissance» ( II, p 188). Tocqueville a vu dans cette passion de l’égalité, lorsqu’elle tourne spontanément à la haine de toute différenciation et de tout talent, un risque majeur des temps modernes. Il dessine ainsi l’image d’un régime où le lien social est immédiatement politique. La liberté démocratique, c'est-à-dire l'indépendance individuelle, ne devient liberté politique que parce que les hommes ne peuvent échapper à la nécessité de vivre ensemble. Pour Tocqueville, l’égalité est la «â€…passion » politique de son temps. Si bien que pour finir, la religion a une influence décisive sur les mœurs américaines, mais le pouvoir de la religion est devenu le pouvoir que la société exerce sur elle-même par le moyen de la religion. En Amérique, la religion est un instrument entre les mains du pouvoir démocratique.Tocqueville explique la particularité de la religion aux Etats-Unis par ses origines puritaines. La démocratie politique découle directement d’une évolution irrémédiable de l’ensemble de la société et de ses valeurs : c’est un processus historique qu’il nomme « égalisation des conditions ». tous comme les anciens romains qui avaient bien compris l’utilité politique de la religion. En d’autres termes, l’extension de la liberté à tous en change la compréhension, et, finalement, la liberté égale pour tous finit par contredire ou annuler la liberté de chacun. De plus les sociétés démocratiques «peuplées de promeneurs solitaires très affairés» se ressemblent de plus en plus. Redoutable dans la mesure où le pouvoir social soumet toujours plus complètement l’autre au jugement de la masse : si bien que «la douceur est le baume et le poison des sociétés démocratiques». «Parmi les objets nouveaux qui, pendant mon séjour aux Etats-Unis, ont attiré mon attention, aucun n’a plus vivement frappé mes regards que l’égalité des conditions […] (quand je reportais ma pensée vers notre hémisphère) je vis l’égalité des conditions qui, sans y avoir atteint comme aux Etats-Unis ses limites extrêmes, s’en rapprochait chaque jour davantage …».L’ «égalité des conditions» ne caractérise pas un régime politique mais une mentalité, un état social. Dans une société qui se veut égalitaire, la conscience des inégalités est très forte. Nous avons acquis la liberté de devenir. Dans son éloge de la femme américaine, Tocqueville verse le respect du pouvoir patriarcal au crédit de la religion en Amérique. Par la suite, cette «fondation puritaine» s’est combinée avec l’esprit de la liberté qui lui est tout contraire. «Il est difficile d’être l’ami de la démocratie ; il est nécessaire d’être l’ami de la démocratie, tel est l’enseignement de Tocqueville».«Il est vrai que la démocratie est en un sens très réel l’ennemie de la grandeur humaine ; mais les ennemis de la démocratie sont des ennemis bien plus dangereux de cette grandeur»«Pour bien aimer la démocratie, il faut l’aimer modérément»Pierre ManentPremier extrait(la liberté politique)Or, d'où vient-elle, cette liberté si nécessaire et si souvent absente? En Amérique, la Providence est généreuse et maternelle, alors qu’en Europe la Providence, ou nécessité telle qu’elle fut portée par l’Histoire, a débouché sur la Terreur. Le séjour de Tocqueville aux Etats-Unis lui a permis d’étudier avec davantage de recul historique une société démocratique : la démocratie représentative républicaine instaurée en 1776, date de la Constitution des Etats-Unis. Qui cherche dans la liberté autre chose qu'elle-même est fait pour servir... Ne me demandez pas d'analyser ce goût sublime, il faut l'éprouver. La liberté aristocratique est donc fondée sur une idée fausse : selon cette idée, seuls certains hommes sont faits pour être libres. De sorte que «l’on voit les Américains changer constamment de route de peur de manquer le plus court chemin qui doit les conduire au bonheur». Publié en 1835, on trouve dans cet ouvrage des réflexions sur la nature et les dangers d’une démocratie, et une comparaison entre les systèmes politiques des … D'une part la liberté politique est la chose la plus indispensable aux hommes s'ils veulent mener une vie pleinement humaine puisqu'elle «crée la lumière qui permet de voir et de juger les vices et les vertus des hommes» ; d'autre part, la présence de cette composante essentielle de la vie humaine n'est ni assurée (on ne trouve pas l'amour de la liberté dans tous les hommes, loin s'en faut) ni susceptible d'être produite à volonté par les hommes (sa seule source est dans la nature). Toutefois, Tocqueville n’analyse pas la démocratie comme un simple renouveau de l’ordre juridique et politique, au sein duquel l’égalité entre les citoyens ne serait que formelle. En démocratie, pouvoir central et pouvoirs locaux ne sont que les instruments dociles du pouvoir social : «Point de refuge pour l’esprit rebelle dans cette société où tout est et se veut un» (Pierre Manent) (lire : «Du pouvoir qu’exerce la majorité en Amérique sur la pensée» (Tome 1, deuxième partie, chapitre 7)Étant donné que les hommes ne peuvent pas se passer d’opinions, et qu’aucun homme n’est capable de former seul l’immense majorité de ses opinions, il faut bien s’en remettre à d’autres pour former nos jugements… Personne ne peut se passer d’autorités intellectuelles et morales. Pour Tocqueville, il s'agit surtout d'étudier la démocratie américaine comme il l'écrit dans l'introduction de la première Démocratie. Chacun pense «je suis aussi bon qu’un autre», je n’ai donc pas à me soumettre à l’autorité d’un autre. => Repli sur soi, confiance. » « Désormais, en démocratie, nous avons à nous réaliser nous-mêmes. Car toute religion est ultimement régie par un dogme, celui de la démocratie est le règne incontestable de l’opinion publique. Tocqueville en fait un trait caractéristique des sociétés. Il en a ensuite comparé les traits avec la société française. la démocratie comme idéal ou valeur, qui peut s’écarter de la définition théorique Pourtant, les dictionnaires de philosophie admettent unanimement un seul sens à « démocratie ». Pourtant ce «même» par lequel tous les hommes se ressemblent, n’est rien d’humain. Tocqueville dit qu’on peut jouer sur l’intérêt pour la chose publique avec les associations (démocratie participative). I. Une définition de la démocratie à l’épreuve de la démocratisation_____ 39 I.1. Dans nos sociétés, tous les hommes se tiennent pour semblables, et chacun s’identifie immédiatement à chacun: « en vain s’agira-t-il d’étrangers ou d’ennemis : l’imagination les met aussitôt à leur place». Régime politique selon Alexis de Tocqueville, où la démocratie est un Etat social dans lequel les citoyens sont égaux en soulignant qu'ils ne peuvent l'être au niveau économique ou social. En offrant à ses contemporains le compte rendu réfléchi du voyage qu’il accomplit aux Etats-Unis de mai 1831 à février 1832, Tocqueville s’est donné pour mission d’être un «éducateur politique». Il semble donc hésiter entre une détermination essentiellement sociale et une détermination essentiellement politique de la démocratie. La religion y est une opinion commune, ce qui implique une certaine hypocrisie, commune elle aussi. La Révolution a brisé ces derniers liens sociaux sans établir à leur place de liens politiques, préparant ainsi «à la fois l’égalité et la servitude».Dans le chapitre de conclusion de son ouvrage, Tocqueville écrit que la Fance au 18 ième siècle a vu se développer en son sein deux passions contradictoires : «l’une profonde et violente est la haine violente et inextinguible de l’inégalité».. « l’autre plus récente et moins enracinée, les portait à vouloir vivre non seulement égaux, mais libres». En l’absence d’une aristocratie de naissance, seuls les riches sont capables de former au sein de la société une sorte d’Etat dans l’Etat, ou en tout cas une société particulière soustraite à l’influence de la majorité. Les hommes ne sont égaux que pour l’imaginaire démocratique. Pour exercer vos droits, contactez-nous. On doit renoncer à le faire comprendre aux âmes médiocres qui ne l'ont jamais ressenti.»Cette liberté politique, dont la présence ou l'absence a une si grande importance pour le destin général des sociétés, a ainsi sa source dans une expérience inanalysable et incommunicable de certains hommes, dans un don fait directement par la nature, par Dieu à certains hommes. Or ce qui caractérise le puritanisme, c’est la confusion du politique et du religieux. «Le despotisme, qui est dangereux dans tous les temps, est donc particulièrement à craindre dans les siècles démocratiques». En démocratie, la richesse est tolérée mais elle doit rester une affaire strictement privée et ne garantir en aucun cas à ceux qui la possèdent une position sociale reconnue et influente.Les conceptions de la liberté sont également opposées. La passion de l’égalité est-elle conforme ou contraire à la nature de l’homme. Ecrire au webmaster | Recommander | Version mobile. 26, Paris, Presses de Sciences Po, 2005, 531 p. La revue Tocqueville, depuis 1979, semestriel (1979-1984, 1992-), biannuel (1985-1991), Tocqueville … Beaucoup citent Tocqueville comme l’un des théoriciens de la démocratie, et les nouveaux chantres du libéralisme économique sont prompts à le citer. A l’opinion! Tocqueville affirme aussi que le principe de la souveraineté du peuple est le principe «générateur» de la démocratie américaine. 6 chaînes de télévision... Découvrez chaque semaine, les nouveautés éducatives pour apprendre autrement : vidéos explicatives, méthodologie et quiz en ligne. Ainsi, lorsque les hommes en proie à l'idée démocratique sont tenus ensemble par un Etat déjà là, d'autre origine, comme c'est le cas en France, ils s'accommodent fort bien de cette situation, car l'idée qu'ils se font de leur condition est essentiellement apolitique, et, pour autant, antipolitique. Au contraire les américains voient dans leur religion une religion «naturelle», sur la base d’un christianisme révélé qu’ils ramènent, pour ainsi dire, à l’état laïc (peu de dogmes, peu d’ascétisme et donc une grande tolérance). Autrement dit, la révolution était en marche depuis longtemps car l’instrument de la transformation d’une société féodale en une société démocratique fut… la monarchie.Comment s’est opérée cette démocratisation de la société? Chaque individu obéit au «pouvoir social» en ne croyant obéir qu’à lui-même, à lui même en tant que membre de cette masse homogène, ce «conglomérat de semblables» tenu pour la seule source de toute autorité. Le tiers état dans son ensemble s’est enrichi et s’est cultivé, jusqu’à dépasser la noblesse parfois. La démocratie américaine, nous dit Tocqueville, est fondée sur l’absoluité de la souveraineté populaire. Robert Damien, Professeur de philosophie à l'Université Paris Ouest, évoque la façon dont Alexis de Tocqueville rend raison de la démocratie par l'égalité des conditions. En Amérique, les associations recomposent sans cesse le tissu social que l’égalité des conditions tend à défaire.La démocratie défait le lien social, et le refait, autrement. (II, p 326). La clef de la démocratie américaine se trouve donc dans les traits qui distinguent l’Amérique de l’Europe. Aussi s’efforce-t-elle d’interdire ou d’affaiblir le plus possible toutes les influences (celles d’homme éclairés). La tyrannie de la majorité selon Tocqueville, De la démocratie en Amérique, II, 7, Je regarde comme impie et détestable cette maxime, qu'en matière de gouvernement la majorité d'un peuple a le droit de … Chez les anciens, la liberté est l’usage d’un privilège. Il restait toutefois des liens sociaux, des liens à l’intérieur des classes sociales. L'éditeur François L'Yvonnet nous présente ce Carnet. extrait de Tocqueville et la démocratie, entretien avec Robert Damien (production ced). Et le législateur interviendra en faveur des plus démunis. La médiocrité est l’adjectif qui caractérise le mieux la démocratie. Connecte-toi pour accéder à ton espace ainsi qu’à tes contenus préférés ! La religion modère leur ardeur à s’enrichir, notamment en régnant souverainement sur l’âme de la femme, qui décide des mœurs. Mais pour finir, ce qui définit la démocratie américaine, ce n’est ni la mentalité ni la forme étatique mais «le principe de la souveraineté du peuple répandu dans la société entière» (chapitre 4 et 5 du tome 1). Tocqueville et la démocratie. Selon Tocqueville, le processus de démocratisation est, à l’échelon mondial, inévitable, puisque le désir de bien-être et d’égalité est, en quelque sorte, inscrit dans la nature humaine : « Parmi toutes les passions que l’égalité fait naître ou favorise, il en est une qu’elle rend particulièrement vive et qu’elle dépose en même temps dans le cœur de tous les hommes : c’est l’amour du bien-être. Ainsi, aux Etats-Unis, il n’y a de pouvoir que dans la société, mais ce pouvoir invisible que la société exerce sur elle-même est plus présent, plus actif et plus grand qu’aucun pouvoir connu en Europe. L'esclave espère devenir un jour esclave Inégalités matérielles compensées Égalité juridique … Chapitre : «Démocratie et révolution démocratique», p 162Second extrait :(La démocratie est apolitique)«Les deux grandes versions de la démocratie par la comparaison desquelles Tocqueville établit sa nature sont deux grandes expériences grâce auxquelles on peut observer les problèmes radicalement nouveaux que posent l'existence et le progrès de la démocratie à la vie humaine dans tous ses aspects, particulièrement dans son aspect politique. Celle-ci est la source du pouvoir législatif, qui s’exerce par le biais de représentants élus et renouvelés fréquemment. L’emprise de l’idée du semblable sur les consciences est, pour Tocqueville, une transformation de la condition de l’homme. Même libre, l’homme démocratique doit obéir, ne serait-ce qu’à lui-même! Ces différences, aussi considérables soient-elles, servent cependant à mettre en valeur le «Même», c’est-à-dire ce que la démocratie américaine et la démocratie européenne ont en commun, à savoir l’égalité des conditions.L’égalisation des conditions est à la fois le fil conducteur de l’histoire européenne et le fait générateur de la République américaine, fille de l’Europe. C’est la raison pour laquelle la religion, qui dirige leurs cœurs dans une direction opposée, leur est encore plus nécessaire qu’aux autres hommes. Et pourtant, elle met en péril la nature de l’homme pour Tocqueville!Elle est naturelle, et les sentiments aristocratiques apparaissent de son point de vue ce qu’ils sont effectivement, le produit de conventions ; les relations entre membres d’une même famille, codifiées et relativement froides, sont purement et simplement des artifices sociaux.Au contraire, dans une société démocratique, les liens entre les membres d’une même famille (le fils tutoie son père!) ... La séparation des pouvoirs selon Montesquieu. Chez les modernes, elle est l’usage d’un droit commun. En effet, ce qui tenait ensemble les sociétés précédentes et les sociétés autres, c’est une «hiérarchie de patronages». En revanche les gouvernements doivent s’employer à la limiter pour l’empêcher de déshumaniser l’homme en proscrivant toute forme résiduelle d’inégalité. L’important est d’avoir une opinion, quelle que soit cette opinion…D’un autre côté, l’homme démocratique est porté au doute puisqu’il ne peut s’incliner devant aucune autorité intellectuelle ou morale. Le «Far-west» est l’illustration de cette situation, mais Tocqueville y voit la limite extrême de la démocratie et non sa vérité. Or, on l’a vu plus haut, en démocratie, l’idée d’influence individuelle n’est pas tolérée. Il faut donc que le citoyen sache commander et qu’il accepte d’obéir aussi, selon les cas. En démocratie, toutes les inégalités sont constamment et légitimement suspectées. » En 1831, Alexis de Tocqueville, un des pères fondateurs de la sociologie se rend en Amérique pour étudier la Démocratie, modèle qui selon lui va s’étendre aux nouvelles sociétés européennes en plein essor politique. La démocratie a besoin de règles modératrices et de modérateurs. Ainsi certaines institutions centrales comme le tribunal d’instance ont perduré après la chute de la monarchie. sont beaucoup plus naturels et chaleureux.Autre exemple : l’honneur est évident et impérieux dans une société aristocratique. Donc plus personne ne va se dévouer ni se sacrifier pour la communauté.Donc, finalement : cette «idée juste de la nature de l’homme» rend la nature de l’homme incapable «des hautes entreprises propres à cette nature», à commencer par les hautes entreprises de pensée. Et chacun affiche effectivement des opinions auxquelles il tient, parce que c’est son opinion, mais qu’il abandonnera ou révisera aisément. C’est-à-dire à l’opinion commune, puisque tout autre opinion a perdu toute créance, tout titre d’autorité.Le résultat est la soumission de tous… à tous!

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